L’éolien est une énergie renouvelable intermittente

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On lit souvent que l’éolien est une énergie renouvelable intermittente. Est-ce bien le cas ? Le terme intermittent renvoie à une image d’interrupteur on/off, sans variation possible. Cela ne correspond pas exactement à la réalité de l’énergie éolienne. Si la production éolienne dépend des flux naturels des vents, la puissance de ces derniers varie et est prévisible grâce à différents outils météo. En définitive, une éolienne tourne en moyenne 75 % à 95 % du temps à une puissance variable.

De l’intermittence à la variabilité

Les éoliennes ne s’arrêtent pas brutalement de fonctionner, passant d’un maximum de production au néant et leur productivité dépend de la vitesse et de la fréquence des vents. C’est pour cela qu’on préfèrera dire que l’éolien est une énergie variable et non une énergie renouvelable intermittente. Une éolienne produit dès que le vent souffle à environ 10 km/h et une éolienne tourne en moyenne 75% à 95% du temps.

Son facteur de charge moyen annuel en France (ratio entre l’énergie produite durant un laps de temps et l’énergie qu’elle aurait générée sur la même période si elle avait tourné à puissance maximale) était de plus de 26% en 2020. Avec l’évolution des technologies, le facteur de charge des éoliennes terrestres s’approche de 40%, quand pour l’éolien en mer, il pourrait atteindre plus de 60%.

En France, on dispose de trois grands régimes de vent : méditerranéen, atlantique et continental, ce qui permet de bénéficier d’une production éolienne plus régulière que celle d’autres pays européens.

Lorsque la production est faible dans une région, elle peut être forte dans une autre. Un site avec des vents de 30 km/h de moyenne sera environ huit fois plus productif qu’un autre avec des vents de 15 km/h de moyenne.

La météo est prévisible avec de plus en plus de précision et permet d’ajuster la production éolienne

Une énergie renouvelable intermittente est une énergie qui n’est pas prévisible. Même si les modélisations météos sur de longues périodes sont plus délicates, le gestionnaire du réseau électrique, RTE, est capable depuis plusieurs années de prévoir les évolutions de la production éolienne et donc d’anticiper les moyens de production complémentaires à activer grâce à différents outils et à la collecte de nombreuses datas. 

  • Le logiciel IPES en service depuis 2009 (Insertion de la Production Eolienne et Photovoltaïque sur le Système) permet de prévoir la production attendue du parc éolien français.
  • Des services de prévision, par exemple wpred, métodyn ou les services de Météo France  permettent de prévoir la production électrique de parcs éoliens à environ 14 jours.

La variabilité ne pose pas de problème dans un mix énergétique diversifié

En France, notre électricité n’est pas seulement produite par des éoliennes et ne dépend donc pas d’une seule source d’énergie. L’hydraulique et le nucléaire assurent actuellement une base pilotable. Les productions régionales sont quant à elles mutualisées par RTE ce qui assure un niveau minimal d’énergie, en jouant sur le « foisonnement » des productions des différentes zones (variation moindre au niveau national que régional). Ce système permet alors une bonne complémentarité des sources de production d’énergies renouvelables (notamment éolienne et photovoltaïque).

Notre réseau électrique doit s’adapter aux énergies renouvelables

Le maintien de l’équilibre du réseau et la montée en puissance des énergies renouvelables comme l’éolien nécessitent de pouvoir ajuster la production par rapport à la demande en électricité. Depuis quelques années notre réseau électrique se modernise afin de mieux gérer la variabilité des énergies. Dans son dernier rapport « Futurs énergétiques 2050 » le gestionnaire RTE détaille les options que la France peut retenir pour atteindre la neutralité carbone.

 

75 à 95 %

c’est le temps où une éolienne produit de l’électricité dans une année 

25 à 60 %

c’est le facteur de charge annuel moyen pour l’éolien terrestre et en mer en fonction des technologies

14 jours

c’est le nombre de jours où le vent est prévisible pour anticiper la production d’un parc éolien

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